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PsY en mouvement est la fédération de la psy-liberté comme de la psy-diversité.

02/04/2013

En lisant, au fil de Google, les nouvelles de la « planète psy » j’apprends qu’une association vient de se créer, fondée et présidée par le fondateur et premier président de PsY en mouvement, Bruno Dal-Palu, qui n’est plus actuellement membre. Je suis un peu surpris, je l’avoue, par un texte figurant en tête du site, sous le titre « Après tout … Bravo et merci Monsieur Accoyer ». L’auteur –Bruno Dal Palu - après avoir rappelé son engagement fort pour lutter contre la loi de 2004, conclut que, finalement, le député devenu président de l’Assemblée Nationale, avait raison, et le félicite, tout en fustigeant les confrères qui continuent la voie de la contestation. Bien entendu, c’est un droit de tous de changer d’avis et de se rallier à ses anciens adversaires, et nous ne saurions le contester. L’histoire et la politique sont remplies de telles virevoltes. Il y a quelque chose d’amusant à lire ces propos chez celui qui avait fait de la lutte contre la loi Accoyer, et contre Monsieur Accoyer lui-même, une affaire personnelle. Mais c’est ainsi et les professionnels de la psychothérapie que nous sommes ne peuvent s’étonner de cette nouvelle manifestation de la complexité de l’esprit humain.

Il me semble important, à cette occasion, de rappeler la position de PsY en mouvement, telle qu’elle est actuellement, suite cohérente de ce qu’elle fut au départ. Avant la loi Accoyer, les professionnels de la psychothérapie exerçaient dans deux cadres généraux :
Soit un cadre réglementé à partir du titre du professionnel : psychiatre ou psychologue,
soit dans un cadre non réglementé, bien que parfaitement légal ; ces derniers s’appelaient eux-mêmes psychothérapeutes. Les psychanalystes étaient soit dans l’un, soit dans les deux cas. L’objectif de la loi Accoyer était de supprimer le cadre non réglementé en transformant la profession de psychothérapeute en titre de psychothérapeute. Après cette loi, il n’est plus possible de se déclarer psychothérapeute si l’on n’est pas titulaire du titre. Mais il est toujours possible d’exercer la psychothérapie dans le cadre non réglementé et en ce sens, le député Accoyer n’a pas atteint son but. On peut d’ailleurs faire usage du titre de psychothérapeute et ne pas exercer du tout. Là est la différence entre un titre et une profession.

Face à ce dispositif législatif il y avait diverses positions :
•    Résister et protester contre cette loi aussi inique qu’inutile. Ce fut la première position de toutes les organisations, PsY en mouvement  compris. Nous nous sommes courageusement battus et avons perdu la bataille.
•    Se soumettre et essayer d’obtenir de faire rentrer le maximum d’entre nous dans le cadre législatif nouveau, en participant notamment aux commissions ARS. PsY en mouvement  s’y est refusé et j’ai personnellement été très opposé à cette position.
•    Continuer à exercer comme avant une profession libre et légale. Il fallait dans ce cas lui trouver un autre nom. Celui de psychopraticien a retenu l’assentiment général.

Ainsi PsY en mouvement  , qui a opté pour la troisième voie, est-elle une fédération de psychopraticiens, autrement dit de personnes faisant profession de la psychothérapie, titulaires ou non de tel ou tel titre. Ces professionnels exercent dans le cadre légal de la libre entreprise, paient des prestations sociales et des impôts, et se plient aux exigences sociales en matière professionnelle. La fédération ne cherche ni à revendiquer un quelconque titre pour ses adhérents, ni à fabriquer son propre titre (ce serait absurde) ni à combattre la loi déjà votée. Elle se consacre à l’organisation de cette profession.

Pourquoi cette position, que j’ai développée depuis longtemps, bien avant d’être élu président de PsY en mouvement , et défends maintenant avec vigueur ?
Il existe en France divers titres : bachelier, licencié, maitre, docteur, agrégé, psychologue, etc… ces titres correspondent à des diplômes obtenus par des examens ou concours, ou passage devant des jurys ou commissions. Dans tous les cas, ils sont décernés par des instances qui sont « au dessus » du postulant, car il ne peut pas y avoir de titre auto-proclamé. Ils ont pour la plupart leur raison d’être et je ne discuterai pas ici leur utilité. Des personnes jugent utiles de posséder l’un ou l’autre de ces titres et d’en faire usage selon la loi, ce qui est leur droit. Je fais personnellement usage de mon titre de docteur en psychologie, parce qu’il a un sens pour moi ; il ne me donne aucun droit et ne crée pas de légitimité à exercer une quelconque activité professionnelle.

Le champ de la psychothérapie est extrêmement  vaste et variable. Surtout, et de plus en plus, la psychothérapie sort du domaine de la psychopathologie. Nous recevons dans nos cabinets des personnes en difficulté ou en souffrance mais qui ne sont pas atteints de pathologie. Modéliser la psychothérapie sur la médecine en définissant la souffrance psychique sur le modèle du dysfonctionnement somatique est une erreur. Réserver son exercice à des personnes possédant un titre est beaucoup trop restrictif. Si l’on tente donc de créer un titre se voulant universel à la psychothérapie, il devra exiger une immense compétence et sera démodé avant d’avoir pu exister.

C’est pourquoi il est absolument indispensable qu’il existe un secteur professionnel libre pour l’exercice de la psychothérapie. Seule cette liberté permet la souplesse d’exercice, et répond à l’immense variété et évolution de la demande. Cela pose évidemment le problème de l’organisation d’une telle profession. Celle-ci ne peut pas se faire dans la contrainte, et le contrôle de la profession par les professionnels eux-mêmes aboutirait au corporatisme aussi dangereux que l’encadrement par un titre étroit.  Mais il est plus qu’utile que des organisations regroupent les praticiens pour les aider à exercer leur métier, les protéger contre les attaques, et également protéger leurs clients contre les erreurs professionnelles. C’est ce que fait PsY en mouvement, notamment par son processus de certification qui n’est pas un jugement mais une acceptation à l’intérieur d’un groupe.  En aucune manière, PsY en mouvement  ne s’autorise à définir ce que doit être un psychopraticien, et à exclure ceux qui ne correspondraient pas à ces critères. Nous réaffirmons la nécessité de ce champ d’exercice libre.

Certains psychopraticiens, y compris au sein de notre fédération, éprouvent le besoin de posséder un titre pour assurer leur légitimité. Ce souhait est tout à fait respectable. Pour obtenir un tel titre – de psychologue ou de psychothérapeute – il faut faire la démarche pour l’obtenir. Cela consiste à suivre des études et faire les stages obligatoires. Ce sont les universités qui garantissent la meilleure qualité de formation. Pour suivre ce cursus, nul besoin d’appartenir à une quelconque association ; un titre est obtenu pas le postulant uniquement sur les épreuves qu’il valide ou sur le dossier qu’il fournit. Ceux qui leurrent leurs adhérents en leur faisant miroiter qu’il pourront les préparer à obtenir le fameux titre ne font que les berner. PsY en mouvement  se refuse par principe de telles promesses illusoires.

Mais il est parfaitement possible d’exercer sans titre particulier. La seule légitimité nécessaire pour un psychopraticien est celle que lui reconnaissent ses clients. La reconnaissance par les pairs est extrêmement utile, mais non obligatoire. On peut s’instruire à la psychologie dans les universités – sans nécessairement briguer un titre - on peut se former à la psychothérapie dans les nombreuses écoles qui existent en France. Et, bien sûr, il est essentiel de faire un travail sur soi suffisant, ce qui ne se fait pas en université ni en école.

La liberté d’exercice de la psychothérapie, le libre engagement du praticien et de son client, sont les meilleurs garants de la qualité et la souplesse évolutive de la psychothérapie. PsY en mouvement  est la fédération de la psy-liberté comme de la psy-diversité.

B.D.
Docteur en psychologie
Psychopraticien
Président de PsY en mouvement  

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